Compostelle au Dompeter

Publié le par Bernard Krantz

Compostelle au Dompeter

C'est vrai et ça marche.

 

Conçu à l'initiative de l'Association des Amis de Saint-Jacques en Alsace et réalisé en partenariat avec le Club Vosgien, un Chemin de Compostelle tra­verse l'Alsace depuis peu. II a été inauguré officiellement le 25 juillet 2003, date qui fête au calendrier liturgique St-Jacques-le-Majeur. II fait l'objet d'un topo-guide disponible en librairie ou auprès de l'association.

La branche réalisée entre Kehl et le Territoire tant plus que, lancé de Belfort est la suite de chemins allemands. Le pro­longement français permet de rejoindre soit Le Puy­en-Velay soit Vézelay, lieux de départ traditionnels en direction de Santiago-di-Compostella en Galice.

Dans la traversée de l'Alsace, le Chemin vient de Ergersheim pour se diriger ensuite vers le Dompeter, puis vers le Mont Ste-Odile en passant par Molsheim, Dorlisheim et Rosheim.

Reconnu comme Chemin culturel de l'Europe par le Conseil de l'Europe, le Chemin se veut d'offrir au pèlerin un itinéraire logique passant par des lieux jacquaires autrefois visités par les foules qui se sont rendues auprès du tombeau du saint pendant des centaines d'années.

Le Chemin alsacien correspond à un besoin réel à voir le nombre grandissant de pèlerins passant par l'Alsace ou en partant. Tel ce jeune couple de belges, partis à pied pour une quête de sens en année sabbatique de Anvers et rencontré quelque part entre Le Puy-en-Velay et Conques l'été dernier. Ou cet autre couple parti de Heidelberg et animé des mêmes intentions. De plus en plus de jeunes donc. Pas seulement. A preuve, G.B., pèlerine de l'Association des Amis de St-Jacques, a achevé son périple de 1600 km en 2003, seule, sac au dos, en plusieurs fois. A son égard il faut préciser qu'elle est appareillée d'une prothèse de hanche et qu'elle est âgée de 70 ans. Une autre pèlerine du même âge, Juliette, a fait le chemin jusqu'à Compostelle avec un grave problème de vue. A quels signes, reconnaît-on donc la jeunesse d'une personne ?

On estime qu'annuellement 80 000 personnes parcourent l'un ou l'autre des Chemins menant à Compostelle. Effet de mode donc ? Sûrement, d'au­ depuis 1980 seule­ment, lorsque les pèlerins se comp­taient encore sur les doigts d'une main. Et assurément, parmi les randonneurs, dont pourtant un grand nombre d'entre eux reconnaissent avoir été pris par la magie du Chemin tant les rencontres faites appellent à la réflexion. Pour les autres, la quête de sens existentiel figure toujours - à côté de l'approfon­dissement de la foi - parmi les moteurs et conduit fré­quemment à une révision de vie. Pour tous, peut-on encore parler de mode lorsque des peuples entiers se mettent en route pour chercher sens à la vie, lorsque autour d'eux les valeurs se délitent les unes après les autres dans un monde devenu en quelques années froid, égoïste, matérialiste, individualiste, vio­lent.

Le Scout et la Guide faits pour servir leur prochain, tirent leur vie personnelle et le service donné aux autres de la Promesse. La démarche régénératrice prouvée du Chemin ne peut que la renforcer. Citons alors cette parole de St-Jean-de-la­Croix qui s'applique si bien au scoutisme : «C'est en marchant que se fait le Chemin».

Bernard Krantz

 

Publié dans Vie de l'association

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