Historique du Dompeter

Le Scoutisme a commencé il y a environ 100 ans, et aujourd’hui, il y a 28 millions de scouts dans le monde, répartis dans 216 pays et territoires.

En 2007, le Scoutisme célébrera son Centenaire, et des milliers d’activités menées par des millions de scouts aideront à changer le monde et à l’améliorer.

Les programmes du Centenaire à travers le monde incluront :

  • Les Dons pour la Paix
  • Centenaire pour tous
  • Le Lever de soleil du Scoutisme
 L’autel
En grès rose des Vosges, il représente le mémorial des Scouts d’Alsace, victimes de la seconde guerre mondiale. Il a été béni en 1950 lors du rallye de Pentecôte des scouts d’Alsace par Mgr Weber, évêque de Strasbourg.
 
 
 Les plaques
(dans le lambris du chœur)
Sur ces plaques sont gravés les noms des 214 scouts tombés pendant la seconde guerre mondiale.
Des plaques en grès ont été installées en 1998 grâce à une aide de l’association du « Souvenir Français ».
 
Tous les 11 novembre, une messe commémorative a lieu en leur mémoire.
 
 Les reliquaires
(au dessus de la porte principale, à l’intérieur)
Une fois restauré, les Scouts de France ont voulu faire du Dompeter un sanctuaire où étaient présent les Saints d’Alsace. Le transfert des reliques fut organisé le 1er juillet 1934 et furent placées dans le chœur en présence du Général de salin et père Cornette.
Aujourd’hui il reste seulement deux reliquaires, les autres ont été volés. On donc été placé en sécurité, en hauteur, les reliques de St Amand et de St Florent.
 
 
 La Croix de Jérusalem
(au dessus du chœur)
Cette grande croix symbole des Scouts de France a été offerte par la « chaumière Saint Georges » une association d’anciens scouts de Colmar.
 
 
 La plaque de Saint Georges
(à gauche au fond de l’église)
Cette plaque en bronze représente le patron des scouts : Saint Georges. Elle a été offerte en 1997 par les anciens scouts de la Fédération Allemande des Scouts Saint Georges (DPSG) du diocèse de Spire.
Le vitrail à droite de la plaque a été offert par les anciens scouts allemands du diocèse de Fribourg.
 
 
 Statue « Notre Dame de Strasbourg »
(cette statue est visible uniquement lors des manifestations organisées par les scouts ou par l’association des « Amis du Dompeter »)
Le 11 novembre 1998, quelque 300 scouts de France, actifs et anciens se sont rassemblés au Dompeter. A l’occasion de la messe du souvenir, célébrée par le chanoine Aloyse Kieffer, une reproduction de la statue de Notre-Dame de Strasbourg a été bénis.
Cette statue est destinée à remplacer l’original réalisé au Puy en 1942, placé au Dompeter en 1947 et dérobée en 1972.
 
La statue de Notre-Dame de Strasbourg  a été sculptée par Gaby Britchu, lui-même ancien scout. Le costume de la statue a été confectionné par Mme Halbwachs, une ancienne guide. Et c’est encore un ancien scout, le doreur Meyer, qui a offert la couronne de la statue.
 
Le Dompeter est  considéré comme ayant été fondé par Saint Materne au Ier siècle. Qu’y a t’il d’historique dans cette tradition alors que les débuts du christianisme en Alsace restent mal connus ?
Voici en quelques lignes ce que nous pouvons retenir d’historique et de légendaire dans la relation entre l’évangélisateur présumé de notre région et l’église présumée comme la plus ancienne d’Alsace.
 
 
 
Saint Materne
Selon une légende du Xe siècle du diocèse de Trêves, vers 60, Saint Pierre aurait envoyé trois de ses disciples : l’évêque Euchaire, le diacre Valère et le sous-diacre Materne 1 pour répandre la bonne parole sur les bords du Rhin.  Précisons encore que Saint Materne selon cette légende serait le fils de la veuve de Naïm que Jésus ressuscita.2
Devant son insuccès Materne mourut à Elegia, soit Ehl, village du Ried près de Benfeld. Ses deux compagnons, Euchaire et Valère retournèrent à Rome avertir Saint Pierre qui, de sa prison, leur remit sa crosse avec l’ordre de la poser sur le corps de Materne. Ainsi il ressuscita, il prêcha avec succès. Euchaire puis Materne occupèrent le siège épiscopal de Trêves.
Au XIIe siècle les bénédictins d’Ebersmünster reprennent cette légende en précisant qu’après sa résurrection Materne fonda le Dompeter.
 
Pendant longtemps, on crut donc que l’Alsace avait été évangélisée dès le Ier siècle. Aujourd’hui, la thèse de l’apostolicité est complètement abandonnée : elle n’a pas résisté à l’étude critique de Mgr Duchesne.
En fait on peut dire que la plupart des diocèses d’Occident ont essayé, tôt ou tard, au cours du moyen âge, de faire remonter leur fondation à l’époque apostolique. On pouvait ainsi dire: cette église a été fondée par Saint Materne, qui lui même a connu Saint Pierre, qui lui même a connu le Christ.
 
Cependant cette légende, comme toutes les légendes, contient son grain de vérité. Saint Materne, Saint Euchaire et Valère vécurent au IVe siècle. Ils nous sont connus comme missionnaires, puis Saint Materne comme évêque de Cologne et Saints Euchère et Valère comme évêques de Trèves.
Appelé à Rome en 313 par l’empereur Constantin, Saint Materne fit partis de la commission qui arbitra une querelle théologique opposant en Afrique du Nord les catholiques et les donatistes.
Rien ne prouve que saint Materne et ses compagnons n’aient pas participé à l’évangélisation de l’Alsace. Le faite que le village de Ehl soit cité dans la Vita de Saint Materne pourrait être un indice.
 
 
 
 
Les débuts probables du christianisme en Alsace
A la fin du deuxième siècle, vers 180, nous lisons dans saint Irénée, que des provinces germaniques professent et transmettent la même foi que les autres : « Les Eglises fondées en Germanie croient et transmettent rien d’autre que celle d’Espagne, Celte, d’Orient, d’Egypte, de Lybie ou du centre du monde » 3
 
Effectivement, les fouilles ont mis à jour des inscriptions et des tombeaux contenant toutes sortes d’objets chrétiens dès la fin du deuxième siècle à Metz, à Trèves, à Mayence et à Cologne.
Mais sur le sol d’Alsace, incorporé aussi à la Germanie Supérieur, rien ne nous a livré de tel.
Pour l’Alsace dés le deuxième et troisième siècles, nous pouvons tout au plus admettre l’existence de petites communautés presbytérales dépendant de Lyon et recrutées presque exclusivement parmi les colons romains.
 
Quelques indices convergents nous suggèrent que des chrétiens détruisirent le sanctuaire mithriaque de Koenigshoffen dans la seconde moitié du IIIe siècle; il pourrait s’agir de chrétiens, venus peut être de Lyon, Metz ou de Trêves.
D’autre part au début du IVe siècle à Ehl, il y eut une destruction de statues païennes.
 
En Alsace, il faut donc attendre la période constantinienne (306 à 337) pour trouver enfin les premiers et rares vestiges témoignant de la présence de la foi chrétienne, son culte et de ses usages.
Vers le milieu du IVe siècle pour la première fois nous entendons parler d’évêques.
Le nom des premiers évêques d’Alsace figure parmi ceux qui approuvèrent plus tard les décisions du concile de Sardique en 343, il s’agit de Amand, pour la civitas Argentoratensium (Strasbourg) et Justinien pour la civitas Basiliensium (Bale).
 
Au XIXe siècle, le chanoine Straub, découvrit au cimetière gallo-romain de la porte Blanche à Strasbourg, un objet incontestablement chrétien : un verre ayant la forme conique sur lequel sont gravées deux scènes de l’Ancien Testament, le sacrifice d’Isaac et Moïse faisant jaillir une source d’un rocher. Ce verre datant du début du IVe siècle a pu probablement servir à la célébration eucharistique. Un autre verre gravé semblable fut trouvé à Trèves dans une tombe présumée chrétienne renforce la thèse d’une présence chrétienne au IVe siècle.
 
 
 
Le Dompeter à l’époque de Saint Materne
La tradition voit dans le Dompeter la plus ancienne église d’Alsace destinée à l’élément gallo-romain paysan du cru. Le vocable lui même : ecclesia ad domnum Petrum, atteste, en tous cas, que l’on a affaire à un patronyme de la plus haute antiquité, antérieur aux invasion alémaniques du Ve siècle. On sait par ailleurs que le Dompeter est situé à proximité d’une ancienne voie romaine.
 
Le Dompeter est assez éloignée de toute agglomération romaine, pour qu’on puisse y voir le premier témoin d’un essai de christianisme des campagnes ; elle daterait alors d’une époque, où le christianisme est déjà plus conscient de sa force en Alsace, peut-être de la fin du quatrième siècle où les chrétiens détruisirent le sanctuaire de Mithra et en brisèrent les idoles à Koenigshoffen (vers 395). C’est d’ailleurs au dernier quart du IVe siècle, que le « Dieu des villes » entreprit la conquête des campagnes des Gaules sous l’impulsion de Saint Martin.
Cependant aucune donnée archéologique permet de confirmer cette hypothèse. Les fouilles réalisées en 1914 ont mis en évidence le plan d’une église basilicale d’origine syrienne construite entre les VIIe et VIIIe siècle (ce qui lui confère le titre de plus ancienne église d’Alsace).
 
 
Conclusion
Il est donc vraisemblable que des missionnaires trévirois  en la personne des saints Materne, Euchaire et Valère soient venus prêcher l’Evangile en Alsace.
Parmi les plus anciennes églises de Haute Alsace un certain nombre sont considérés comme ayant été fondé par Saint Materne. Outre le Dompeter, la tradition attribue à Saint Materne la fondation de l’Eglise Saint Pierre le Vieux à Strasbourg et de l’Eglise de Ehl.
Malheureusement alors que pour les autres régions qui l’entourent, l’histoire semble plus bavarde, l’origine précise du christianisme en Alsace reste obscure et le passage de Materne au Dompeter demeure invérifiable.
 
 L. GODMET
 
NOTES
1 - Précisons que le ministère de sous-diacre n’existait pas au Ier siècle dans l’Eglise.
2 - Voir Luc 7, 11
3 -  Av Haereses I, 10,2
 
 
BIBLIOGRAPHIE
 
Bibliographie alsacienne
 
Collectif, Le Diocèse de Strasbourg, sous la direction de Francis RAPP, Ed.. Beauchesne, Paris, 1982
 
André Marcel BURG, Histoire de l’Eglise d’Alsace, Ed. Alsatia, 1946, Colmar
 
André Marcel BURG, La christianisation de l’Alsace et l’Eglise de Trèves dans Archives de l’Eglise d’Alsace, Ed. de la société d’histoire de l’Eglise d’Alsace, Strasbourg

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Président d'honneur : 
Jean-Marie LOTZ

Vice Président d'honneur : 
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Secrétaire : 
Henri MEICHEL

Trésorier : 
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Assesseurs :
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Membres de droit :
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L'aumônier des Scouts et Guides de France du Bas-Rhin
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M. Le Curé d'Avolsheim

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